Alors qu’une étude vient de confirmer des taux (trop) bas d’allaitement long en France, une étude allemande apporte un éclairage sur l’effet bénéfique de l’allaitement maternel exclusif pour les patientes atteintes de SEP.

20 à 30% des femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP) présenteraient une rechute dans les trois à quatre premiers mois suivant l’accouchement. « À ce jour, aucune intervention n’a fait la preuve de son efficacité pour prévenir ces rechutes, souligne le Dr Catherine Fabert dans le Journal International de Médecine. Les données de la littérature à ce propos sont discordantes : un bénéfice potentiel de l’allaitement au sein exclusif pendant les 2 mois postpartum a été retrouvé dans quelques études, mais pas par d’autres. »

Ceci étant, une grande étude prospective menée en Allemagne fournit de nouvelles informations sur le sujet. Une cohorte de 201 femmes atteintes d’une SEP a été interrogée par téléphone ou en contact direct chaque trimestre lors de leur visite à l’hôpital pour leur suivi de grossesse, puis à 6 semaines, 3 mois, 6 mois et 12 mois après l’accouchement.

Selon les données recueillies, les rechutes de SEP correspondaient à l’apparition, la réapparition ou l’aggravation des symptômes neurologiques pendant au moins 24 heures, non expliquée par une fièvre, une infection ou une autre cause.

Vers la préconisation renforcée d’un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois minimum

Parmi les participantes, 59,7 % ont allaité leur bébé au sein pendant au moins 2 mois (durée retenue par les auteurs), 20,9 % ont opté pour un allaitement mixte et 19,4 % pour un lait infantile. Près de 9 femmes sur 10 (88,6 %) avaient bénéficié d’un traitement immuno-modulateur avant la grossesse.

L’analyse des résultats montre que le risque de rechute de SEP dans les 6 premiers mois du postpartum est plus bas dans le groupe « allaitement exclusif ». En effet, 24 % des femmes ayant allaité leur bébé exclusivement au sein pendant au moins 2 mois ont eu une rechute versus 38,3 % dans le cas contraire (hasard ratio ajusté [HRa] = 1,70 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,02 à 2,85 ; p = 0,04).

Il n’y a pas de différence significative du moment de survenue de cet événement après la diversification entre les différents groupes de femmes. « Le constat d’une reprise d’activité de la SEP uniquement dans les 6-12 mois du postpartum, période correspondant à la diversification et au retour des règles, fait dire aux auteurs que l’effet bénéfique de l’allaitement maternel exclusif semble plausible. Ils estiment que ces résultats sont importants pour la pratique clinique dans le contexte de la promotion d’un allaitement maternel exclusif pendant au moins 6 mois » conclut le Dr Catherine Fabert.

Sources JIM/Dr C. Favert/Hellwig K et coll. : Exclusive Breastfeeding and the Effect on Postpartum Multiple Sclerosis Relapses. JAMA Neurol 2015.

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