La formation au métier de sage-femme ainsi que les formations supplémentaires destinées aux sages-femmes diplômées ont beaucoup évoluées ces dernières années. La nouvelle réforme des études universitaires a notamment bouleversé la formation et les formations diplômantes se sont multipliées. Carole Zakarian, directrice de l’école universitaire de maïeutique de Marseille méditerranée nous explique ces évolutions.

Comment la formation de sage-femme a-t-elle évolué ces dernières années ?

Avec la nouvelle réforme, la formation des sages-femmes a du s’adapter au cadre universitaire du schéma LMD. Cela a entraîné un effort d’adaptation de notre programme à un cadre plus contraint mais nécessaire. Nous avons donc perdu un peu de latitude sur les heures de stage mais nous nous efforçons de rattraper au mieux cela par un programme adapté. Plus spécifiquement à Marseille, nous avons largement développé les enseignements basés sur la simulation : jeux de rôles, simulation basse et haute fidélité afin de renforcer les compétences des étudiants. Nous avons également développé les enseignements théoriques et pratiques en gynécologie suite aux nouvelles compétences attribuées aux sages-femmes et mis l’accent sur l’allaitement maternel qui fait  aujourd’hui l’objet d’une évaluation pour l’acquisition du diplôme. L’objectif est de répondre au mieux au besoin de la population qui est en demande d’une prise en charge globale que peut largement assurer la sage-femme lorsque cela lui est permis. La recherche et son enseignement sont également mieux structurés et aboutissent aujourd’hui à des travaux scientifiques de qualité que nous parvenons à publier pour promouvoir au mieux notre profession et ses perspectives.

Est-ce que le profil des élèves a changé ?

Le profil des étudiants a nécessairement changé suite au recrutement par la PACES mais dans le fond, pas vraiment. Le métier de sage-femme est un métier mal connu et seule la confrontation aux premiers stages permet de déterminer un étudiant sur le choix de sa voie. La population masculine est un peu plus représentée mais là encore cela dépend des années. Nous avons cependant plus d’étudiants en reconversion, qui entrent dans le cursus grâce au système des passerelles. Ces étudiants sont en général très motivés et leur choix est réfléchi car il leur demande d’énormes sacrifices.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les étudiants pendant la formation ?

La formation est assez exigeante, et le rythme est soutenu. Les principales difficultés des étudiants sont financières car travailler en parallèle est très difficile. Certaines difficultés sont évidemment liées à l’apprentissage du métier qui est un métier difficile et où l’à-peu-près n’est pas toléré. Nous faisons de notre mieux pour les soutenir au quotidien, mais ce n’est pas évident

Que voudriez-vous développer en matière de formation diplômante pour les sages-femmes ?

Dans l’idéal, nous aimerions pouvoir répondre à tous les besoins de formations des sages-femmes ! Et il est important pour nous que cette école soit un lieu d’apprentissage en formation initiale et continue. Nous avançons doucement mais sûrement et nous nous efforçons de répondre au mieux aux attentes des professionnelles. L’université nous permet cela et nous avons conscience de notre chance.

Pouvez-vous nous parler des deux nouvelles formations diplômantes : le DU allaitement maternel et le DESU prise en charge de la pathologie pelvi-périnéale de la femme ?

Là encore, nous avons répondu au besoin de proposer une formation diplômante pour des sages femmes, organisée par des sages-femmes et en collaboration avec les pédiatres afin de remplir au mieux notre objectif. Nous sommes même allés au-delà car concernant le DU d’allaitement, il est également ouvert à tout professionnel qui peut encadrer un allaitement maternel et c’est pour nous une grande fierté de voir assis dans la même classe des axillaires de puériculture, des puéricultrices, des sages-femmes et même une pharmacienne. Le gage de la réussite d’un allaitement, ce sont aussi les réponses que vont apporter les personnes rencontrées autour de la femme allaitante et du couple. Tous les professionnels de la périnatalité sont concernés, il était donc essentiel d’ouvrir les portes à tous.

Et concernant le DESU de prise en charge de la pathologie pelvi-périnéale ?

Là aussi un besoin de formation pour les sages-femmes était omniprésent en local. Nous avons eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment et là aussi, il est essentiel d’ouvrir les portes aux professionnels concernés dans un futur très proche, je pense notamment aux kinésithérapeutes. L’équipe est extraordinairement dynamique et passionnée. C’est grâce à cela que rien est impossible !

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