Infanticide, accouchement non assisté à domicile, IVG clandestine, grossesse non suivie, fille-mère, populations démunies de toutes structures sanitaires, mutilations sexuelles, rituels traditionnels entravant l’accès aux soins, inégalité des genres… autant de thèmes non exhaustifs, alarmants et choquants, qui rythment l’activité bénévole de “Sages-Femmes Sans Frontières” (SFSF) depuis 2009, avec comme objectif : “Réduire la Mortalité Maternelle et Infantile dans les Pays en Développement​”. Delphine Wolf, la présidente de « Sage-Femmes Sans Frontières » nous parle de son association et du travail des sage-femmes sur le terrain.

Quelles sont les principales missions ?

“SFSF” collabore où aucune grande ONG s’aventure et mise sur la participation communautaire. Cette immersion anthropologique (tant fascinante que déroutante), permet d’agir au plus près des populations sans se substituer, en respectant les us et coutumes non néfastes à leur santé. Que l’on s’investisse auprès de “Sages-Femmes Sans Frontières” ou auprès d’autres associations, le ou la bénévole, sera forcément confronté à un exercice professionnel tout autre qu’en France. Encore plus avec “SFSF”, l’expatrié(e), n’aura plus le confort d’une structure hospitalière ni d’une clinique pour pratiquer, ni pour consulter, car nos équipes doivent s’adapter sur le terrain aux conditions de vies des populations isolées et souvent très démunies. Les pathologies rencontrées, sont parfois complexes et lourdes. Il n’est pas rare que des femmes enceintes n’est jamais vu de “médecin” de leur vie, elles sont mariées très jeunes (mariages forcés ou arrangés dès 10 ans), et tombent enceintes dès leurs premières règles. Sans éducation, ni accès à l’école, tout est à faire, et notre rôle de “sage-femme” ne se résume pas seulement au suivi gynécologique et obstétricale, mais à la FORMATION, l’ÉDUCATION et la PRÉVENTION des risques liés à la grossesses, l’accouchement, et le post-partum ! Dans cette partie très importante de notre travail, nous incluant, que ce soit, en Inde ou en Afrique, les hommes, pour que toute la communauté se sente concernée et s’approprie les programmes de “réduction de mortalité maternelle et infantile”. En Afrique et en Asie, 21 programmes ont déjà été réalisé avec le même combat : Aider, Transmettre pour : “Donner la Vie sans la perdre et rester en Vie”.

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©Sage-Femmes Sans Frontières

Quelles sont les caractéristiques de ce métier?

Etre “Sage-Femme” c’est assurer le suivi médical de la femme enceinte, savoir également préparer ces femmes ou les couples à bien préparer leur accouchement. Bien sûr, le jour J à la maternité, accueillir, suivre, et aider à donner la vie au nouveau-né…prendre soin de ce dernier…et veiller sur la maman durant son séjour. Plus précisément: Etre “Sage-Femme”, c’est exercer une profession médicale. La sage-femme assure, en toute autonomie, la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l’accouchement, ainsi que les soins à la mère et à l’enfant après l’accouchement. Elle pratique les examens cliniques et paracliniques nécessaires, et participe activement à toute action de prévention dans le domaine de la santé. Elle prescrit les examens et thérapeutiques nécessaires au bon déroulement de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches. En cas de pathologie, elle exerce le cas échéant en collaboration avec le médecin. La sage-femme assure aussi la surveillance prénatale, la préparation à l’accouchement et le suivi à domicile des femmes et des nouveaux nés en cas de sortie précoce de la maternité jusqu’au septième jour qui suit l’accouchement. Elle pratique également les consultations, les échographies obstétricales, y compris dans le cadre du diagnostic anténatal. Sur prescription d’un médecin, la sage-femme assure les suivis des grossesses pathologiques en cabinet ou à domicile.
Elle surveille, conseille, accompagne la mère et l’enfant après la naissance. Elle pratique aussi la rééducation périnéo-sphinctérienne des patientes. Elle conseille les couples et participe au suivi des différents modes de contraception. Elle peut aussi avoir une place active dans les services d’orthogénie, de gynécologie, de procréation médicalement assistée. Depuis la loi H.P.S.T du 21 juillet 2009, elle peut également proposer à toute patiente en bonne santé des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention. Et contrairement aux idées reçues, la sage-femme n’est pas forcément….. Une femme !
 
Et être Sage-Femme humanitaire ?
 
Oui, toute sage-femme sera recrutée en tant que telle. Mais, elle sera délocalisée, souvent isolée, et surtout, ses tâches et les attentes du programmes seront diverses et variées. D’où la difficultés des responsabilités, mais aussi l’enrichissement de l’expérience professionnelle. Prenons un exemple: Vous pouvez être recruté(e) chez “Sages-Femmes Sans Frontières” pour un programme de lutte contre l’excision en Afrique, en menant une action de reconversion des Matrones. La “sage-femme” française peut chercher dans ses cours, cela ne fait pas parti des modules, et pourtant, c’est bel et bien une priorité de Santé Publique Internationale, même en France où chaque année, des jeunes filles sont victimes de mutilations sexuelles lors de vacances dans leurs pays d’origine. Les répercussions de telles pratiques durant l’accouchement, les suites de couches, les grossesses suivantes, sont désastreuses et le taux de mortalité mortalité maternelle est alarmant. Malgrés une condamnation ferme de cette pratique par le bureau des Nations Unies, il est encore difficile de lutter contre “les traditions” et d’enrayer ce fléau. Donc, pour cette sage-femme, il faudra, franchir un cap, prendre son envol et oser l’aventure “à nu”. S’ouvrir vers de nouveaux champs de compétences, et elle verra que “être sage-femme Humanitaire”, s’est: s’engager dans un challenge permanent, pour apprendre aux côtés de ceux qui ont déjà une expérience réelle et solide “de terrain”, et elle se rendra compte au combien “la naissance” et la “santé sexuelle” est large, globale et sans frontières !

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Quelles sont les qualités requises pour s’investir ?
 
La première des qualité requise est un grand sens de l’adaptation. En s’engageant avec “Sages-Femmes Sans Frontières”, il faut s’attendre à être “dérouté” et perdre “ses repères” que ce soit au niveaux du cadre de travail, de vie et culturels, car nous collaborons au plus près des communautés en immersion. Ensuite, on ne s’improvise pas “humanitaire” sans avoir de réelles compétences. Il faut, savoir que pour chaque mission, SFSF a des besoins spécifiques de bénévoles qui sont variés. Chacun peut être utile, mais “la motivation” doit être doit être couplée à une implication réelle et justifiée sur le programme ou sur le terrain. Enfin, “l’humanitaire” est un mot qui fait souvent tourner les tête, qui fait rêver, penser aux voyages. il faut savoir, que derrière une mission, un projet, il y a une lourde organisation, et, s’est important de s’impliquer au sein de sa préparation. Cela demande du temps (je rappelle que l’ONG est bénévole), et donc il n’est pas pas toujours évident de s’organiser, mais si on est passionné, rien n’est impossible !

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Doit-on se former spécifiquement ?
 
La majorité des grandes ONG demandent 2 années d’expériences pour s’engager dans l’humanitaire avant un premier départ. Chez “Sages-Femmes Sans Frontières”, nous étudions les candidatures sur CV et lettres de motivation en fonction de nos besoins. Il est bien sûr appréciable, d’avoir des “formations au départ” en humanitaire, comme en propose “Gynécologie Sans Frontières”, “Humacoop”, ou avoir passé certains Diplômes Universitaires importants, comme celui de “gestion de projet”, “échographie”, “anthropologie”, “santé publique”. Et enfin, la maîtrise de l’anglais sera toujours un atout majeur pour communiquer avec les équipes sur places lors de missions en pays anglophones !!!

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Où trouver des renseignements et qui contacter ?
 
Vous pouvez consulter notre site internet, notre page Facebook : Sages-Femmes Sans Frontières ou nous contacter par mail au bureau de l’association : ong.sfsf@gmail.com

 

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Vous êtes sage-femme, vous travaillez dans une structure qui souhaite offrir le Guide Neuf Mois à ses patientes ? Si oui, rien de plus simple pour le recevoir en septembre. Le Guide Neuf Mois est un guide d’accompagnement de la grossesse qui a vocation à enrichir le dialogue Femme enceinte /Professionnels de l’obstétrique. Il est distribué dans les salles d’attente de services de Gynécologie et/ou Obstétrique. Grâce à ses deux parutions par an, le Guide Neuf Mois accompagne les femmes tout au long de leur grossesse. Mois par mois elles trouveront des rappels sur les rendez-vous médicaux à effectuer ou encore une check-list très pratiques.

Vous pouvez avoir un aperçu de l’édition mars 2018 ici.

Pour recevoir le magazine, remplissez dès à présent ce formulaire et votre structure sera livrée à titre gracieux courant septembre.

Nous vous rappellerons pour vérifier ses informations avec vous. Si vous avez des questions, à envoyer un mail à l’adresse suivante : app@edlcmail.com

*Vous recevrez  un présentoir prêt à l’emploi contenant 100 exemplaires du Guide à emporter par les patientes. Le calcul est fait en fonction du nombre d’accouchements effectués par an au sein de l’établissement.

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