L’Assurance Maternité bientôt condamnée ?

Le 17 septembre 2014, un rapport de la Cour des Comptes intitulé « La Sécurité Sociale » a été publié : plus de 650 pages imbuvables. Pourtant de manière toute à fait anodine, 25 pages y sont consacrées à l’Assurance Maternité. Avec des conséquences pas du tout anodines pour la santé des femmes enceintes !

Alors que la politique du dernier siècle n’a cherché qu’à protéger plus et mieux la santé des citoyens français, aujourd’hui, l’Assurance Maternité est menacée dans ce rapport et tout particulièrement dans ces 25 pages. On peut y lire que l’Assurance Maternité risque de fusionner avec l’Assurance Maladie : « La Cour propose dans le présent rapport d’inclure la totalité de la dépense de maternité à l’Objectif National des Dépenses d’Assurances Maladie (ONDAM) pour garantir l’effectivité du pilotage du parcours de soins associé à la grossesse et à la naissance. » Quelles sont les conséquences d’une telle évolution ? Elles seront énormes, sur deux plans essentiels.

 

 

Sur le plan économique

 

Sur le plan Santé Publique

«Comme l’avait noté la Cour en 2011 se pose notamment à cet égard la question des prestations assurées par les sages-femmes en matière de préparation à la naissance(472). Alors que la Haute Autorité de Santé a indiqué que l’utilité de ces séances n’est pas démontrée, l’équilibre entre le dispositif de préparation prénatal(474) et le renforcement du suivi postnatal mérite d’être réexaminé dans le double but d’amélioration du suivi des femmes et des nouveau-nés et de maîtrise des coûts. »

 

 

Pourquoi faire fausse route ?

Sage-femme de profession, je regrette d’une part que peu de femmes sachent que ma profession est la plus à même de suivre les grossesses et de dépister la pathologie. Notre profession est pourtant plébiscitée par des sociétés d’études indépendantes, telles The Lancet et la Cochrane. Nous sommes formées à accompagner ces grossesses, à permettre aux couples de faire des choix éclairés sur leur accouchement, la naissance de leur enfant, le choix de leur allaitement. Après lecture de ce rapport, j’ai le sentiment d’être instrumentalisée pour engendrer des (fausses) économies pour faire payer encore les femmes, puisque la prévention est primordiale en santé périnatale. Y a t il une volonté de baisse de la natalité, voire de sélection par l’argent ? Puisque la prévention est primordiale en santé publique et qu’elle fait partie des axes prioritaires de la Stratégie nationale de santé, pourquoi diriger l’exercice des sages-femmes libérales principalement sur le post-natal alors qu’elles ont un rôle essentiel dans l’anténatal également ?

Ne préféreriez-vous pas vous-même connaître avant la sage-femme qui viendrait à domicile à votre sortie de maternité ? Chaque patiente a le libre de choix du praticien, c’est l’idée défendue par le CIANE : à chaque patiente donc de choisir librement son praticien pour suivre et accompagner au mieux sa grossesse

Pourquoi ne pas positionner les sages-femmes clairement dans le suivi de grossesse alors qu’elles suivront ces patientes par le dispositif PRADO ? La question est posée !

Par Amandine Fabre, sage-femme