Alors que près de 14 millions de femmes sont touchées par l’endométriose en Europe, une start-up française, Ziwig, vient peut-être de faire avancer la science sur le dépistage de cette maladie…

Un test rapide pour mettre fin à des années d’errance pour les femmes atteintes d’endométriose 

L’endométriose, caractérisée par la présence d’endomètre situé hors de la paroi utérine, est une pathologie bruyante. Dans la majeure partie des cas, les douleurs qu’elle cause sont aiguës, récurrentes et peuvent se manifester en permanence. Un tableau clinique qui, malgré son caractère alarmant, a échoué à donner lieu à un diagnostic rapide pour une prise en charge de la douleur optimale. Alors que jusqu’ici, une patiente atteinte d’endométriose pouvait subir une errance diagnostique pendant près de dix ans, la jeune start-up française Ziwig, main dans la main avec pas moins de six centres spécialisés du domaine, vient de mettre au point son Endotest, test salivaire de diagnostic, qui permettrait d’obtenir une réponse en l’espace de quelques jours.

Cette petite révolution potentielle fait de nombreuses promesses. Testé sur une cohorte de 200 femmes, il s’est révélé fiable à près de 100% selon son producteur. Loin de se contenter d’être un outil de dépistage, l’Endotest ouvrirait également la voie à une prise en charge anticipée de l’endométriose, permettant ainsi de stopper, sinon de ralentir, la progression des symptômes, d’améliorer la gestion de l’infertilité et de réduire les contours d’une qualité de vie dégradée pour les patientes.

Un test de dépistage de l’endométriose facile d’utilisation

Simple à réaliser chez soi, l’Endotest se présente sous la forme d’un kit, fourni avec un tube à essai dans lequel la patiente est invitée à cracher. Rebouchez, secouez, envoyez par la poste, et 7 jours plus tard, vous êtes fixée. Une fois en laboratoire, l’échantillon de salive est scruté par les scientifiques de Ziwig qui y cherchent l’un des 109 microARN présents dans l’organisme et sont la signature de l’endométriose. Voulant pousser l’innovation encore plus loin, la start-up a recours à l’intelligence artificielle pour traiter le grand nombre de données généré par le séquençage des micro ARN.

L’Endotest, encore en cours de préparation

Pour le moment, l’Endotest de Ziwig doit encore être validé par la HAS (Haute Autorité de Santé) avant de pouvoir être commercialisé sur le marché. Son prix est annoncé à une centaine d’euros mais la start-up et les associations qui gravitent autour d’elle militent pour une prise en charge par la Sécurité Sociale.

Polémique sur le test d’endométriose de Zwilig

De nombreuses questions ont été soulevées quant à la rigueur scientifique des tests. En effet, les résultats des études qui prouvent que l’Endotest est fiable à 96% a été publié sur un site que certains qualifient de “prédateur” et qui publierait à peu près tout et n’importe quoi pourvu qu’on y mette le prix. En l’occurrence, plusieurs milliers de dollars. Une solution pour publier des résultats trop vite ? C’est ce que pense la chercheuse en épigénétique, Ludivine Doridot, qui soulève aussi un problème plus épineux à son goût, celui de méthodologie et entre autres le manque d’explication sur la stratégie utilisée par Ziwig.

Affaire à suivre.

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