Le sang de cordon, appelé aussi sang placentaire, contient des cellules souches hématopoïétiques. Ces dernières peuvent être utilisées pour traiter de nombreuses maladies. La greffe de sang de cordon est une pratique installée. Actuellement les besoins de sang de cordon sont plutôt restreints.

Le Dr Catherine Faucher, de l’Agence de Biomédecine explique les enjeux de ce don et le rôle important que la sage-femme peut avoir.

Evolution en France du don de sang de cordon

L’histoire du don de sang de cordon ou sang placentaire commence dans les années quatre-vingt avec les travaux du Professeur Eliane Gluckman, professeur en Hématologie à l’hôpital Saint Louis. Le docteur Gluckman a, en effet, réalisé la première greffe mondiale de sang de cordon, en 1987. Elle réussit ainsi à guérir un enfant atteint d’anémie de Fanconi. L’équipe de médecins et chercheurs du Professeur Gluckman a ainsi découvert que le sang de cordon était riche en cellules souches hématopoïétiques. Pouvant ainsi être utilisé pour traiter des pathologies comme la leucémie ou des aplasies constitutionnelles (à l’instar de la maladie de Fanconi).

Le développement des années 90

La pratique du don de sang de cordon a alors connu un développement important. On a donc assisté dans les années 90 à une augmentation progressive du nombre de greffes de sang de cordon. En parallèle, les travaux de recherche démontrèrent que l’on pouvait aussi associer deux poches de sang placentaire. Près de 75 maternités proposaient alors le don de sang de cordon malgré une logistique très lourde.

En effet, le don de sang de cordon nécessite des professionnels de santé (obstétriciens, sages-femmes) experts et formés, et des consultations spécialisées. Mais également des laboratoires expérimentés dont le laboratoire HLA (Human Leukocyte Antigen) et aussi celui de thérapie cellulaire. Ces derniers pouvant qualifier les unités de sang placentaire, notamment les marqueurs infectieux, la quantité de cellules et toutes les informations nécessaires. (Les informations sont enregistrées dans une base de données internationale. Elle compte 73 registres nationaux organisés en réseau afin d’augmenter les chances de trouver un donneur et un receveur compatibles).

Un virage abordé à partir des année 2013-2014

Les recherches scientifiques démontrèrent à l’époque que la greffe de sang de cordon était surtout efficace pour les personnes de moins de 35 ans. (Ensuite, la reconstitution immunitaire est beaucoup plus difficile). On s’aperçu également que l’un des critères les plus importants pour la réussite d’une greffe était le nombre de cellules dans le greffon de sang placentaire. Ainsi le nombre d’unité de sang de cordon collecté fut diminué. Une vingtaine de maternités furent sélectionnées sur des critères qualitatifs et pour leurs expertises.

Ainsi actuellement 22 maternités bénéficiant de grands moyens proposent le don de sang de cordon. Elles sont en capacité d’effectuer des prélèvements de sang de cordon de haute qualité. C’est  le cas du CHU Pellegrin à Bordeaux ou de l’hôpital Robert Debré à Paris. Il n’y a donc pas de besoin augmenté de sang de cordon (30 000 unités de sang placentaire ont été recueilli en 2013). Le sang de cordon représente bien une source complémentaire de cellules souches. Cependant, il ne peut se substituer au don de moelle osseuse. (Le don de sang placentaire concerne 19% des greffes chez les enfants mais 4% des greffes totales actuellement).

Quel rôle(s) pour la sage-femme ?

Ce sont principalement les sages-femmes qui procèdent à l’activité de prélèvement quand la maternité où elles exercent pratique la collecte du sang placentaire chez les mères ayant consenti au don après information. Les besoins étant stabilisés, les sages-femmes ont surtout un rôle pédagogique très important à jouer. Certaines mamans sont déçues ne pas pouvoir donner le sang de leur cordon. Par exemple car la maternité où elles accouchent ne le propose pas. Ou encore car elles ont une pathologie qui contre-indique le don etc. Dans ce cas, elles doivent être informées des autres possibilités de dons (notamment du don de moelle osseuse) pour elles mais surtout pour leur conjoint. En effet, une femme en bonne santé ayant accouché et ayant finit d’allaiter peut bien sûr donner sa moelle. Cependant, son système immunitaire aura été modifié par la ou les grossesses et des anticorps spécifiques peuvent compliquer la greffe.

Les hommes jeunes sont donc particulièrement recherchés pour le don de moelle. Cette information doit être partagée le plus possible par les professionnels de santé et les sages-femmes en particulier.

NDLR :

Pour plus d’informations, un site de référence grand public est accessible ici :

Don de sang de cordon

Si le don de moelle osseuse vous intéresse et si vous souhaitez un support d’information, vous pouvez commander des brochures grand public ou affiches gratuitement sur le site de l’Agence de Biomédecine.

 Sources :

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