Environ 3% des femmes enceintes européennes seraient traitées par antidépresseurs pendant leur grossesse. Ce qui pose question sur les éventuels effets tératogènes des traitements généralement prescrits, aucun consensus n’ayant prévalu. Une nouvelle étude relance la réflexion.

Les données sur les effets secondaires des traitements antidépresseurs pendant la grossesse sont contradictoires : selon certaines études, des anomalies cardiovasculaires chez le fœtus seraient possibles. Selon d’autres, il n’y a pas lieu de craindre plus d’anomalies congénitales sous traitements antidépresseurs que sans.

Une nouvelle étude a été publiée récemment relance le débat. Elle a été réalisée à partir d’une base de données incluant les populations nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède), et concerne 2,3 millions de nouveau-nés, parmi lesquels 36 772 avaient été exposés à un INS ou à la venlafaxine au début de la grossesse.

Ce que dit l’étude

Selon les travaux publiés, si l’exposition à un IRS ou à la venlafaxine est associée en première analyse à une augmentation de 13 % d’anomalies fœtales sévères et de 15 % de malformations cardiaques, ce n’est plus le cas quand l’analyse se limite aux fratries (au moins deux enfants, dont un exposé et un atteint de malformation), « méthode qui permet d’éliminer les facteurs confondants liés au terrain familial ou à d’autres facteurs en relation avec le style de vie, souligne le Dr Roselyne Peluchon, dans le Journal International de Médecine de ce jour.

Les sténoses pulmonaires droites ou les malformations septales, plus nombreuses en analyse globale ajustée, ne le sont plus non plus en analyse par fratries. »

Des résultats à analyser… et des travaux à confirmer !

Des résultats à prendre avec des pincettes semble-t-il : les auteurs notent que « si l’analyse par fratries élimine un certain nombre de facteurs confondants, elle présente quelques limites, dont notamment le fait de restreindre la taille de la cohorte (895 familles avec au moins un enfant exposé à un IRS en début de grossesse et au moins 1 malformation) et peut être à l’origine d’un biais de de sélection». Autrement dit, la question n’a pas fini d’être soulevée…

Sources JIM/Dr R. Peluchon/Furu K et coll. : Selective serotonin reuptake inhibitors and venlafaxine in early pregnancy and risk of birth defects: population based cohort study and sibling design. BMJ 2015;350:h1798.

Laisser un commentaire