Selon un sondage, 48,5% des jeunes adultes ont recours à internet pour trouver de l’info sur des pathologies ou des suivis. Les femmes enceintes n’y dérogent pas. Au risque de trouver l’information sur des forums, non validée par un professionnel de santé. Ce qui peut donner lieu à la consommation de médicaments non appropriés. Une enquête* a ainsi été menée sur une dizaine de sites populaires et forum, autour de l’information médicale relative aux médicaments pendant la grossesse : 115 questions autour des médicaments et les 214 réponses associées ont été analysées, du niveau de véracité des informations à l’échelle de risque, selon celle utilisée par la Food and Drug Administration (FDA). Soit A pour aucun risque pour le fœtus comme pour la future maman, puis B, C, D selon le niveau de risques et enfin X qui caractérise une contre-indication formelle chez le fœtus ne justifiant pas d’exception pour la future maman.

Des risques réels

Sans surprise, sur ces forums, la majorité des questions (36,5%) concernait le premier semestre de la grossesse. Et le paracétamol et l’aspirine étaient les médicaments qui revenaient le plus fréquemment dans les échanges. Un quart des réponses renvoyait raisonnablement à un avis médical (25,6%) tandis que malheureusement presque autant (21,2%) encourageaient la prise d’un médicament (32% des 47 médicaments recommandés relevaient de l’homéopathie et 23,4% contenaient du paracétamol) et 13,1 % suggéraient de suspendre un traitement en cours.

Côté risques encourus, 34,1% des médicaments conseillés se trouvaient dans la catégorie C et D de la FDA, 20% des réponses apportées aux femmes enceintes étaient inexactes et 12% des réponses étaient classées à risque.

Une crédibilité à retrouver

Cette étude démontre clairement le besoin d’informations données directement à la femme enceinte par le professionnel de santé pour contrebalancer le risque que présente l’information populaire via les forums autour des médicaments pendant la grossesse.

La bonne piste à donner à toute patiente enceinte restant incontestablement le site internet du Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT). Ceci étant, est-il possible de revenir sur la tendance actuelle des patients qui consiste à faire réévaluer par les « copinautes » le diagnostic et la prescription du professionnel de santé ? Cela suppose un énorme travail de communication entre professionnels de santé et patients, et les sages-femmes, souvent considérées comme plus à l’écoute que les médecins, ont sans nul doute un rôle prépondérant à jouer pour rétablir le lien de confiance et orienter la femme enceinte vers des sources d’informations fiables.

 

*Palosse-Cantaloube et coll.: Analysis of chats on French internet forums about drugs and pregnancy. Pharmacoepidemiol Drug Saf., 2014; 23:1330-3

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